La hanche lâche — le devis s'envole
Entre 1 500 et 4 000 € pour une seule hanche. C'est le prix d'une dysplasie quand elle passe sur la table du chirurgien. Et la majorité des propriétaires de grandes races — Berger Allemand, Golden, Labrador — découvrent le problème trop tard, quand le chien boite déjà depuis des semaines. Parmi les maladies fréquentes qui plombent le budget, la dysplasie de la hanche tient le haut du podium.
Le dépistage radiographique existe dès 4-5 mois. Une radio de dépistage coûte 40 à 80 €. Comparé aux 4 000 € d'une prothèse totale de hanche, le calcul se fait tout seul. La dysplasie de la hanche n'est pas une fatalité — c'est un risque qu'on peut scorer avant qu'il devienne une facture insurmontable.
Les races géantes (Dogue Allemand, Saint-Bernard, Terre-Neuve) ont un taux de dysplasie héréditaire tellement élevé que certains éleveurs sérieux refusent de faire reproduire un chien sans radiographie officielle. Le problème : la plupart des acheteurs ne demandent jamais le score hanche des parents avant de signer.
Le coude oublié — le plus sournois
Tout le monde parle de la hanche. Personne ne pense au coude. Et c'est bien le problème. La dysplasie du coude touche pourtant les mêmes profils de chiens — grandes races, croissance rapide — mais le diagnostic tombe souvent plus tard, parce que la boiterie des pattes avant est beaucoup plus subtile qu'une boiterie arrière.
Un diagnostic qui demande un scanner
La radio ne suffit pas toujours pour le coude. Contrairement à la hanche, où une radio bien positionnée donne un score fiable, le coude nécessite souvent un scanner (250 à 350 €) pour visualiser les fragments osseux. C'est un surcoût que beaucoup de propriétaires ne prévoient pas dans leur budget de dépistage articulaire.
La dysplasie du coude prend trois formes différentes — fragmentation du processus coronoïde, non-union du processus anconé, ostéochondrite disséquante — et chaque forme a son propre protocole chirurgical, avec des fourchettes de prix distinctes selon la complexité de l'intervention et le gabarit du chien opéré.
L'arthroscopie a changé la donne
L'arthroscopie (1 200 à 2 000 €) a remplacé la chirurgie ouverte dans la plupart des cas de dysplasie du coude. Moins invasive, récupération plus rapide, mais le prix reste élevé. Et si les deux coudes sont touchés (c'est fréquent chez le Labrador), on multiplie la facture par deux sans négociation possible.
Un Labrador de 8 mois avec une chirurgie bilatérale des coudes, c'est 2 500 à 5 000 € avant même son premier anniversaire. À cet âge, la plupart des propriétaires n'ont même pas encore fini de rembourser les frais d'acquisition du chien — et la facture de l'orthopédie tombe déjà.

Après la chirurgie, le suivi dure des mois
Opérer ne suffit pas. Le post-opératoire du coude implique 6 à 8 semaines de repos strict, des anti-inflammatoires (30 à 50 €/mois), et souvent des séances de physiothérapie à 40-60 € la séance. Un traitement complet sur 3 mois post-opératoire peut facilement ajouter 300 à 500 € à la facture chirurgicale initiale.
La rotule saute — la note aussi
On associe la luxation de la rotule aux petites races — Yorkshire, Chihuahua, Caniche nain — et c'est vrai dans la majorité des cas. Mais ce que les propriétaires de petits chiens ne réalisent pas toujours, c'est qu'une rotule qui saute régulièrement finit par nécessiter une chirurgie entre 1 000 et 2 000 € pour corriger le problème de manière définitive.
Attendre que ton chien boite en permanence pour consulter. À ce stade, l'arthrose s'est installée et la chirurgie ne corrige plus tout.
Faire grader la luxation dès le premier épisode de boiterie. Grade 1-2, on surveille. Grade 3-4, on opère avant les dégâts cartilagineux.
La luxation de la rotule se classe en 4 grades de sévérité. Les grades 1 et 2 se gèrent souvent avec de la physiothérapie et du renforcement musculaire (200 à 400 €/an). Les grades 3 et 4 passent quasi systématiquement au bloc opératoire, avec une trochléoplastie ou une transposition de la crête tibiale.
L'arthrose — pas de guérison, un budget
On ne guérit pas l'arthrose. On la gère. Et gérer l'arthrose d'un chien coûte entre 300 et 800 € par an, chaque année, sans date de fin. Anti-inflammatoires non stéroïdiens, chondroprotecteurs à base de glucosamine, séances de physiothérapie, parfois des injections d'acide hyaluronique — la liste des postes de dépense s'allonge avec l'âge du chien.
L'arthrose du chien touche un chien sur cinq après 7 ans selon les données vétérinaires européennes. Les grandes races y arrivent plus tôt que les autres. Un Berger Allemand arthrosique à 6 ans, c'est potentiellement 6 à 8 ans de traitement continu devant lui, soit 2 000 à 6 000 € au total en médicaments et suivi.
La glucosamine et la chondroïtine (les suppléments articulaires les plus courants) coûtent 20 à 40 € par mois. Leur efficacité fait débat dans la communauté vétérinaire, mais la plupart des praticiens les recommandent en complément des anti-inflammatoires. On les prescrit, on observe, on ajuste — et chaque race réagit différemment aux traitements articulaires.
Le croisé pète — facture doublée
La rupture du ligament croisé antérieur est l'urgence orthopédique la plus fréquente chez le chien. Un faux mouvement, une réception de saut un peu bancale, parfois même un simple demi-tour brusque — et le genou lâche d'un coup. La chirurgie TPLO ou TTA coûte entre 1 500 et 2 500 €. Par genou.
Le mot qui fait mal dans cette phrase : par genou. Parce que dans la majorité des cas, quand un ligament croisé lâche d'un côté, l'autre genou suit dans les 12 à 18 mois qui viennent. Un Labrador de 5 ans qui rompt son croisé gauche en janvier a de fortes chances de rompre le droit avant Noël de la même année.
La rupture du ligament croisé touche toutes les races, mais les chiens de 25 à 50 kg sont les plus exposés au risque. Le surpoids est un facteur aggravant direct et documenté — chaque kilo en trop augmente la pression mécanique sur le genou et fragilise le ligament un peu plus chaque jour.

